(9-12 juillet) Yogyakarta, un soupçon de bazar.
La ville où nous nous rendons est située au beau milieu de Java, autrement dit pas franchement à côté de la capitale. Il nous faudra donc 7 ou 8h de train pour y arriver. Cette durée n'est pas énorme, mais après avoir traversé la Corée et le Japon à la vitesse de l'éclair et après les courts temps de trajet aux Philippines, ça nous fait bizarre, nous ne sommes plus habitués! Ceci dit, les trains indonésiens sont propres et confortables comparativement à d'autres. Il faut dire qu'on est dans la classe supérieure (on en compte 3 différentes), qui est quand même un peu onéreuse, mais il ne restait plus que ça.
Après une longue attente à la gare (étonnant), et nos heures de trajet ponctuées de jolis paysages de rizières, nous voici enfin à Yogyakarta. C'est la mission pour sortir de la gare, ainsi que pour trouver un taxi car la circulation est dense et le marché très (trop) proche. Tant bien que mal, nous montons dans un véhicule pour rejoindre notre hôtel, pas top pour le prix mais ça faisait partie des moins chers (merci la haute saison).
La ville compte quelques attractions dans son enceinte, mais c'est surtout les temples des environs qui amènent les foules. Nous nous étions beaucoup tâtés quant à la visite de ceux-ci car on commence à en avoir vu un bon paquet. Celui de Prambanan semble être une réplique d'Angkor Wat alors nous passerons notre tour (il est parfois bien difficile de s'extasier devant certains temples quand on a fait ceux d'Angkor malheureusement...). Nous nous contenterons donc d'aller à Borobodur. Ce dernier est réputé pour son lever de soleil. Il faut payer 40 dollars pour faire l'excursion avec un hôtel ou soudoyer les gardiens pour rentrer avant l'heure, alors nous, on fera le coucher du soleil, et toc! Sauf que le chauffeur de notre hôtel n'est pas dispo, que les chauffeurs de taxis ne veulent emmener de clients là-bas, et que par le bus, on mettra tellement de temps que ça sera fermé à notre arrivée. Tous ces signes auraient dû nous mettre la puce à l'oreille, mais lorsqu'on nous conseille le scooter comme meilleur moyen de s'y rendre, on se lance (Romain est un pro maintenant). Quelle erreur!!! Dès la sortie de l'hôtel, la circulation est infernale, mais ça, on s'en doutait. On se dit que ça ira mieux une fois sortis de la ville. Le problème, c'est qu'on ne sort jamais vraiment de la ville... Nous avons donc passé 2h dans les embouteillages, à slalomer entre les bus, les camions à bestiaux et les 20 000 autres motos...l'enfer... (on en a même oublié de faire notre photo rituelle sur le scooter!). Enfin, je dis "on" mais je ne fais que tenir la carte, c'est Romain qui a géré la situation avec brio! Heureusement que les 15 dernières minutes, les paysages étaient agréables!
Arrivés sur le site, l'enfer continue. Bordel, mais on est dimanche!!! Pas malin de s'en rendre compte une fois sur place! Il y a donc foule, à tel point que ça devient un challenge de prendre une photo sans personne dessus. A la base, l'édifice est une accumulation de stupas face à un décor pittoresque.
Le décor, sublime, est bien présent.
Pour le reste, ça donne ça...des gens (un poil irrespectueux) qui s'assoient sur les stupas, se prennent en photo dans tous les sens au grand dam de Bouddha....
Nous n'échappons pas à de nombreuses séances photo avec les locaux, qui sont, malgré ça, très sympathiques. Le manque de respect n'empêche pas l'extrême gentillesse et l'envie de faire connaissance!
On ne tarde pas à reprendre la route car le soleil se couche tôt ici, et on aimerait rentrer lorsqu'il fait encore jour. Encore une fois, il nous faudra accepter qu'on n'a pas toujours ce qu'on veut! Après avoir tourné pour trouver de l'essence, nous voici sur la route dans la nuit noire avec des problèmes de carte (plus de batterie sur le téléphone, application défectueuse sur la tablette...) et des phares qui éclairent que dalle... Quand ça veut pas, ça veut pas! Nous réussirons quand même à rentrer en un morceau, éreintés de cette journée maudite.
Rien de tel qu'un bon repas de poisson et riz rouge, tofu et galettes de soja pour se ressourcer!
Le lendemain, Romain se réveille avec des plaques rouges sur les bras, encore un symptôme de la dengue. Sachant que, de toute façon, il n'a toujours pas la grande forme, on décide d'aller consulter. Autant en profiter puisqu'on a un hôpital à 10 minutes de l'hôtel. Pour y pénétrer, il faut montrer patte blanche et l'on est escorté jusqu'à l'accueil pour inscrire le malade (oui, il a une jolie petite carte de membre maintenant!). On salue la grande efficacité et rapidité des soins (peut-être sommes-nous privilégiés en tant que touristes, mais nous n'avons pas du tout attendu). Après un examen et une prise de sang, le docteur Mustika (si, si, c'est bien son nom!) nous annonce qu'il a bien chopé la dengue. Rien à faire en revanche, il faut juste du repos, ce qui est mal barré dans notre cas...
Nous voilà donc hésitants entre continuer notre périple, qui risque d'être éreintant, vers les volcans de l'est de Java, ou aller directement à Bali en avion pour se reposer, ou bien tout simplement trouver d'autres alternatives sur Java pour se déplacer tranquillement vers l'est. Mais encore une fois, le destin va décider pour nous. On l'a déjà dit, nous sommes en pleines vacances scolaires, et aucun, mais alors vraiment aucun billet de train n'est disponible. C'était le seul mode de transport qui nous aurait facilité la vie, tandis que l'avion est hors de prix et aucune place disponible avant 3 jours. Pour faire simple, nous sommes coincés à Yogyakarta...
Nous sommes donc contraints d'envisager la seule solution qui peut nous permettre de partir d'ici: une excursion organisée pour faire les volcans. C'est un business ici et on trouvera forcément une agence qui pourra nous faire embarquer rapidement. Et même si c'est exactement ce que nous ne voulions pas faire, 3 jours en groupe, avec des heures impossibles de bus, nous signons.
Le temps qu'il nous reste avant de partir nous permet quand même de découvrir quelques coins de la ville à l'occasion d'une longue balade à pied au gré du vent.
Nous sommes tombés sur un marché aux allures de foire avec des animations, des marchands dans tous les sens, des animaux exposés sur le trottoir...un vrai bouillon de vie!
Pour terminer, gros plan sur la spécialité culinaire de Yogyakarta, le gudeg. C'est une sorte de ragoût de fruit de jacquier cuisiné avec un peu de lait de coco et accompagné de poulet, tofu et oeuf dur. C'est sympa mais la matière du "jackfruit", qui a d'ailleurs une apparence de viande, est surprenante, surtout si l'on ne sait pas ce qu'on mange!
















