(17-24 juillet) Bali, la fin du voyage...
Nous voici arrivés sur Bali et notre première étape sur cette île est Lovina beach. Notre hôtel est agréable, caché dans un jardin tropical avec piscine, comme on en trouve plein ici, avec un accès direct à la plage. Nous y passons quelques jours pour récupérer de notre séjour sur Java qui a été éreintant. Disons que les vacances commencent, même si certains pourraient dire qu'on est en vacances depuis un an!!
Lovina est une petite bourgade de bord de mer sans grand intérêt pour nous. La rue principale est pleine de restos pour touristes, et l'on compte pas mal de "rasta bars" (sorte de bars aux couleurs de la Jamaïque qui ne passent que du Bob Marley et qui semblent être un véritable business de plage ici, et ailleurs en Asie). Dès que l'on va sur la plage, des vendeurs d'artisanat local et des chauffeurs qui cherchent à vous vendre un trajet pour le lendemain vous tombent dessus. Heureusement que nous ne sommes pas allés à Kuta, ça devait être pire! Il y a des choses à voir dans le coin, et une croisière hyper touristique pour observer les dauphins mais nous n'avons envie de rien faire...
Des balades le long de l'eau nous suffisent. C'est agréable et le sable noir (dû à la présence de volcans sur Bali) donne un aspect vraiment atypique à l'endroit. Cependant, ça ne nous donne pas envie de nous baigner. Bateaux amarrés, détritus, poulets qui courent sur le sable, canards qui font trempette...tout cela n'en fait pas un lieu de baignade idéal. En plus de cela, nous n'avons pas de chance avec la météo car il ne fait pas très beau...
Bali a l'air d'être une île qui regorge de choses sympas à voir à l'intérieur des terres, mais pour l'instant, on n'a pas trop envie de faire de visites, juste de se détendre au bord de la mer. Alors, on loue les services d'un chauffeur qui nous emmène directement à l'est, vers les plages d'Amed. Oui, nous sommes vraiment feignants en ce moment, on choisit de voyager confort et simplicité!
Nous avons choisi un hôtel au-dessus de notre budget qui ne vaut pas vraiment son prix. Nous sommes un peu déçus par la qualité de l'établissement, mais on n'a qu'à faire un pas pour être sur la plage, et notre chambre, délicatement décorée de fleurs fraîches à notre arrivée, offre une superbe vue sur la mer.
De plus, le coin est calme, on nous sert notre petit-dèj à n'importe quelle heure, il y a une petite piscine entourée de frangipaniers et d'hibiscus...
Amed, c'est un peu un coup de coeur sur cette île car c'est vraiment un coin tranquille et on peut dire qu'on y a trouvé ce qu'on cherchait. On a aimé cette plage de sable noir bien plus belle que celle de Lovina, avec un volcan en toile de fond, où l'on peut croiser des cérémonies religieuses mystiques...
... Ou encore la campagne environnante, entre rizières et palmiers, où les habitants s'affairent.
On a également aimé les warungs (petits restos tenus par des familles indonésiennes) dans lesquels on a mangé. Celui les pieds dans le sable, face à la mer, où nous nous sommes délectés de poisson frais et de nasi goreng au poisson.
Celui tenu par une charmante famille, avec un bout de chou mignon comme tout, où l'on a goûté des spécialités balinaises succulentes: des beignets de poisson à la noix de coco, du poisson cuisiné dans des feuilles de bananier ou des dadar gulung, des crêpes vertes à la noix de coco (dont la couleur provient de la feuille de pandanus).
Bon, on ne va pas tous les citer, mais un soir, dans un de ces warungs, on a tout de même essayé l'arak, l'alcool de palme déjà croisé dans d'autres pays d'Asie mais jamais testé jusqu'alors. On l'a goûté accommodé comme un ti'punch, et on peut dire que ça arrache! Nous sommes repartis pas très frais, et comme si ça n'était pas déjà assez laborieux de rentrer au bercail, une pluie diluvienne est arrivée sans crier gare et nous a forcé à nous abriter. Quand, enfin, ça s'est atténué et que nous sommes arrivés dégoulinants à l'hôtel, prêts à sauter dans la douche, nous nous sommes aperçus qu'il pleuvait dans la salle de bain (bonjour l'isolation!) et nous avons dû batailler avec une énorme blatte tombée amoureuse de notre savon(un peu comme le hérisson et l'éponge dans la pub "spontex" pour les connaisseurs). Il y a des jours comme ça...!
Enfin, on a aimé traîner sur la plage en fin de journée, où l'on a assisté avec délectation à un magnifique coucher de soleil.
Comme c'est une des méthodes les plus courantes pour se déplacer sur Bali, nous louons à nouveau une voiture pour nous rendre à notre prochaine étape. Nous hésitions à rejoindre les îles Gili mais nous avions peur de manquer de temps et de trouver des hordes de touristes plutôt que des plages paradisiaques... Du coup, nous nous dirigeons vers Ubud, ville d'art et de culture balinaise.
Sur la route, nous avons négocié un arrêt à Tirtagangga, un palais d'eau sublime.
On y trouve de grands bassins. Outre celui, payant, qui est ouvert à la baignade, le bassin qui rassemble le plus de monde est celui où l'on peut marcher sur les pierres qui effleurent la surface de l'eau.
Les autres sont agrémentés de jolis ponts ou de statues plus surprenantes les unes que les autres...
On découvre d'ailleurs des statues d'un style nouveau pour nous, du jamais vu dans les autres pays d'Asie que nous avons fait précédemment... Et nous qui croyions ne plus nous étonner ou nous émerveiller de rien à ce stade du voyage!
Le chauffeur nous propose un arrêt supplémentaire dans une plantation de café. Ce genre de situation s'avère souvent être un attrape-touriste, mais de temps en temps, on se laisse convaincre et ça ne nous fera pas de mal de faire un peu de shopping, ce que l'on n'a pas trop pratiqué en Indonésie. En arrivant sur place, on se rend compte que c'est une plantation de café Luwak, un des cafés les plus savoureux mais aussi les plus chers du monde. La particularité de ce breuvage, c'est que des civettes mangent les grains de café, les digèrent puis les rejettent, ce qui donne une saveur unique au résultat final. En gros, on fait du café à partir de grains qui ont traversé le système digestif d'une petite boule de poils. Alors, le problème de ce genre de plantations, c'est l'exploitation animale qui en fait partie. En voyant les civettes dans des cages, quelques questions relatives à leur traitement n'ont pu s'empêcher de sortir de nos bouches. Apparemment, les animaux sont en général en liberté dans la nature et on passe récupérer leurs excréments. Cependant, il y a quelques malchanceux qui restent enfermés pour "amuser le touriste" semble-t-il... C'est bien malheureux...
Brigitte Bardot nous en voudrait sûrement d'être restés et d'avoir acheté quelques trucs mais au moins, ces pauvres bêtes n'auront pas travaillé pour rien... Nous avons donc fait le tour des nombreuses plantes tropicales qui poussent dans le jardin, puis nous avons eu droit à une dégustation des divers produits de la coopérative. On nous a fait tester gratuitement des thés (au riz rouge, curcuma, gingembre, hibiscus...) et des cafés (vanille, coco...), bref, il y en avait une bonne dizaine! Et bien sûr, on a testé le célèbre café de luwak, moyennant une petite somme. Notre guide nous l'a préparé dans un appareil aux allures d'alambic, et le résultat était fameux!
Après un petit détour dans la boutique, et au temple familial (ici, un petit temple est souvent érigé dans les demeures en mémoire des personnes décédées), nous reprenons la route. Notre chauffeur nous propose d'autres arrêts "shopping d'artisanat local" (peinture, sculpture sur bois...) mais on refuse car ça peut vite se transformer en traquenard et on n'a pas envie d'y passer la journée...
Nous arrivons à Ubud dans les embouteillages. Cela nous laisse le temps de découvrir un peu la ville de loin, ses innombrables temples et ses magasins... Notre guesthouse, tenue par une famille accueillante, est agréable, et nous sert un petit-déjeuner différent chaque jour. On a même une cuisine et un balcon avec vue sur la piscine et les rizières au loin.
Nous sortons manger dans les parages et tombons sur un warung sans prétention qui nous a beaucoup plu. Premièrement, c'est le premier endroit à Bali où nous buvons des "fruit shake" qui ont du goût. Deuxièmement, on a été chaleureusement accueillis. Et surtout, la cuisine est excellente. Nous nous sommes régalés de gado-gado (une salade de crudités sauce cacahuète), et d'ayam goreng (poulet frit), par exemple.
Pour les jours à venir, on s'est préparé un séjour aux petits oignons avec spectacles de danse ou marionnettes, visite de temples, exploration des rizières et des alentours en scooter, bref...un beau programme!
Le lendemain, on décide de partir à la découverte de la ville à pied. Mauvaise, mais alors très mauvaise idée! Au bout de quelques mètres, Romain trébuche sur un trottoir pourri (entendez par pourri, des plaques de goudron mal fagotées qui bouchent bien souvent de gros trous dans le sol). Il se réceptionne mal et se tord la cheville. Alors, c'est retour à la guesthouse, en boitant, pour mettre un peu de glace empruntée à nos hôtes. La journée commence mal... On attend quelques heures pour voir si la situation s'améliore, mais comme il souffre et que son pied n'a pas l'air d'aller, direction l'hôpital. Une des personnes de la guesthouse nous conduit dans une clinique. Le médecin qui l'ausculte lui prescrit une radio. Pour cela, il faut se rendre en ambulance dans un hôpital qui n'est pas franchement à côté. C'est parti pour une deuxième visite des hôpitaux indonésiens!! Encore une fois, nous sommes bluffés par la rapidité de la prise en charge, et une fois la radio faite, nous retournons à la clinique avec les clichés. Là, le médecin nous parle d'une suspicion de fracture mais pour en être sûr, il faut avoir l'avis d'un spécialiste d'orthopédie qui se trouve...à l'hôpital d'où on vient bien sûr! Tout en s'interrogeant sur la logique de cette affaire et sur l'inutilité de la consultation de la clinique, nous les payons néanmoins et repartons à bord de l'ambulance. On se retrouve cette fois dans un lieu qui ressemble aux urgences, et Romain est installé sur son brancard (ça te manquait le boulot?!). On attend un peu et on s'occupe comme on peut...en faisant le mort par exemple!
L'orthopédiste vient confirmer la fracture du pied et préconise une sorte d'attelle "faite maison" d'ici qu'on rentre en France et qu'il aille consulter. Il faudra 4 hommes s'affairant et s'appliquant pour lui faire son demi-plâtre tenu par une bande (une oeuvre d'art qui fera beaucoup rire le médecin urgentiste en France). Après avoir récupéré médicaments et béquilles, et dépensé une coquette somme (c'est là où t'es bien content d'avoir pris une bonne assurance voyage!), nous rentrons enfin. L'ambulance nous dépose "chez nous" et comme on meurt de faim, on décide de tester le resto qui est à 2 minutes à pied. Mais 2 minutes, quand t'as des béquilles du siècle dernier qui se coincent sous les aisselles, c'est long... C'est à ce moment-là qu'on s'est dit qu'on ne pouvait pas continuer le voyage. Il nous restait 1 semaine à Bali, 1 semaine à Taipei, et 4 avions à prendre entre l'Indonésie, Taïwan et le retour en France...
Inutile de préciser que nous sommes vraiment dégoûtés de terminer le voyage de cette façon, frustrés de ne pouvoir aller à Taïpei où nous devions rendre visite à la gentille taïwanaise rencontrée en Chine... Le lendemain, nous appelons donc notre assurance qui accepte de rapatrier Romain en classe affaire (oui, monsieur!), et nous achetons un billet en seconde classe pour pouvoir rentrer ensemble par le même avion.
Nous passons donc une dernière journée oisive à la guesthouse et le lendemain, direction l'aéroport. Romain sera trimballé en fauteuil roulant et nous aurons quelques heures de vol jusqu'à Singapour, où l'avion fait une halte pour repartir vers Amsterdam. Après 12h de vol et une escale de 3h (et accessoirement un bon paquet d'heures passées sur les routes durant ces derniers mois!), nous prenons notre dernier avion pour Paris.




















































