(27 mai-3 juin) Dernier jour à Kyoto.
Notre journée commence avec une visite atypique compte tenu de la ville où nous nous trouvons. Kyoto compte beaucoup de temples mais aussi d’autres petites merveilles comme le musée du manga. Nous somme désolés mais les photos étaient interdites à l’intérieur (copyright oblige…). On aurait pourtant aimé vous montrer ces étagères gigantesques remplies de mangas, depuis leurs débuts jusqu’aux derniers sortis. Cet endroit est en fait une bibliothèque géante et on peut prendre un ouvrage et se poser dans le jardin ou à l’intérieur pour bouquiner. On regrette de ne pas lire le japonais dans ces cas-là… En dehors de cela, ça reste quand même un musée qui présente les origines de la bande dessinée nippone et ses particularités, un tas de documents, extraits de films, dessins et ouvrages collector, ou encore des détails en vidéo sur la création d’un manga. Un musée à la fois pour les amateurs et les néophytes. Il faut savoir que le manga, considéré par certains comme composant d'une sous-culture et souvent réduit à une effusion de violences et une succession de borborygmes par ses détracteurs (qui je pense n'en ont jamais lu..), bénéficie d'un tout autre traitement au Japon. Il est en effet utilisé pour l'enseignement, entre autre. Il faut savoir qu'il en existe sur pas mal de sujets, le sport, la musique, l'alpinisme, et même l'oenologie! Ses auteurs, les mangakas, sont des artistes très respectés, et franchement, en tant qu'amateurs, on le comprend parfaitement.
Nous faisons ensuite une halte dans un marché typique. Alors, après avoir parcouru un grand nombre de marchés asiatiques, on avoue qu’on ne s’attendait pas à ça. On a l’habitude des marchandises étalées à l'arrache, du bruit, des odeurs, des stands de nourriture alléchante avec les produits « frais », bref, on aime les marchés bordéliques et vivants. Là, pas de stands de nourriture (juste quelques brochettes qu’on a quand même testées), des aliments bien emballés sous cellophane, des vendeurs de poissons ou autres côtoyant les vendeurs de souvenirs…
Ce n’est pas l’idée qu’on se faisait d’un marché authentique mais après tout, c’est le Japon et pas un pays d’Asie du sud-est. En plus, rien à dire au niveau de l’hygiène du coup, et c’est loin d’être oppressant comme d’autres endroits du même genre! En outre, cela nous a permis de visiter un quartier bien sympathique avec des petits temples cachés au beau milieu du béton.
Un des plus beaux temples que nous aurons vu à Kyoto est sans doute le Heian Shrine. Si le nom ne vous dit rien, vous l’avez peut-être pourtant déjà vu dans le film "Lost in translation", où se rend le personnage de Scarlett Johansson. Depuis la rue, nous apercevons un gigantesque torii qui nous indique le chemin. Puis, on rentre dans une sorte de cour où se trouvent des édifices vermillons et verts de toute beauté.
Mais l’intérêt principal de ce lieu est le jardin, superbe. Beaucoup d’endroits comme celui-ci sont conseillés pendant la période des sakuras ou des momijis (cerisiers et érables), et même si ça n’est malheureusement pas le bon moment pour nous, nous avons malgré tout eu la chance de passer par le Japon à la saison des iris. Et c’est pas mal non plus, car ces fleurs sont du plus bel effet lorsqu’elles bordent des étangs sous la lumière de fin d’après-midi.
Le jardin offre bien d’autres points de vue agréables au bord de l’eau ou à l’ombre des arbres.
Puis, il fallait bien se la jouer comme Scarlett à sauter de pierre en pierre pour traverser l’eau…
Pour finir la journée en beauté, on va dîner dans un resto traditionnel, assis au niveau du sol (ça faisait longtemps!), afin de goûter le plat qui nous fait saliver depuis notre arrivée à Kyoto, le shabu-shabu.
C’est une autre spécialité de fondue de viande (du porc en ce qui nous concerne, mais ça doit se faire avec du boeuf aussi). Au milieu de la table, se trouve une sorte de grosse marmite. Le serveur viendra nous expliquer comment ça se passe pour chaque étape. Très pro. Il place d’abord un poisson volant dans le bouillon et le laisse imprégner le liquide de son parfum. Puis, il revient pour l’enlever et verser du lait de soja qui va mijoter pendant un moment. On nous apporte enfin les tranches extra-fines de poitrine de porc qu’il faut mettre à cuire dans le bouillon, avec de la verdure (épinards, salade…), et du tofu. Lorsque c’est prêt, on trempe les ingrédients dans une sauce soja et on peut enfin apprécier la saveur de sa bouchée. On a choisi en accompagnement des pickles et de la peau de soja (ça rappelle un peu la matière de la peau du lait qui a bouilli).
Une fois la viande engloutie, il reste encore une étape. Dans le bouillon encore plus parfumé à ce stade du repas, on fait cuire des nouilles, qu’on trempe encore une fois dans un petit bol de sauce soja.
Certes, on a un peu l’impression de picorer quand on fait sa popote soi-même et ça avait peut-être un goût moins prononcé que la fondue sukiyaki, mais c’était un délice du début à la fin. Le dessert gélatineux typique du coin ne nous a pas convaincus de la même façon!






























